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Dans le cadre des Assises internationales du journalisme (15 au 17 novembre 2018 à Tunis), une vingtaine de journalistes d’investigation du nord et du sud de la Méditerranée se sont rencontrés. Ces journalistes viennent d’Algérie, du Bénin, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de Côte d’Ivoire, de France, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo et de Tunisie.

Elles/Ils ont décidé de mettre en place un comité de préfiguration d’un réseau francophone de journalistes d’investigation.

Par cette initiative, dans un contexte de diffusion massive des “infox” notamment sur les réseaux sociaux, les journalistes du réseau entendent contribuer à la production et à la diffusion d’informations de qualité et d’intérêt général à destination d’un public le plus large possible.

Souvent confrontés à des campagnes hostiles, voire des menaces, émanant des autorités et des pouvoirs en place, les journalistes d’investigation souhaitent développer leur travail en commun sur des bases éthiques et déontologiques claires et affirmer leur solidarité pour défendre le droit à l’information.

La naissance de ce réseau part aussi d’un constat : les récents West Africa Leaks coordonnés par ICIJ et le réseau Cenozo ont eu peu d’écho en dehors du continent africain. L’une des raisons tient au manque de liens entre journalistes d’investigation des deux rives de la Méditerrannée.

D’autre part, les participant·e·s ont constaté leur intérêt pour des thématiques qui concernent leurs différents pays et nécessitent un travail en réseau :

  • les migrations;
  • les trafics d’êtres humains;
  • la radicalisation religieuse;
  • les questions de gouvernance et de libertés publiques;
  • les questions de santé et d’éducation;
  • les questions d’environnement;
  • le suivi de l’aide publique au développement;
  • etc.

Dans la mesure où il existe d’ores et déjà d’autres réseaux de journalistes d’investigation, en particulier CENOZO (Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation en Afrique de l’Ouest), ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists) ou GIJN (Global Investigative Journalism Network), le réseau créé lors des Assises internationales du journalisme entend collaborer avec ces réseaux et se positionner de manière complémentaire en développant de meilleures collaborations dans les domaines suivants:

  • mise en oeuvre d’enquêtes conjointes menées par des journalistes du nord et du sud de la Méditerranée;
  • sécurisation des journalistes pour limiter les risques physiques et juridiques auxquels leur métier les expose;
  • mobilisation de moyens financiers pour réaliser certaines enquêtes;
  • augmentation de la diffusion et de l’impact des investigations conduites notamment en impliquant la société civile;
  • travail sur la monétisation des productions éditoriales;
  • formation continue des journalistes aux techniques avancées d’investigation.

Au cours de ces premiers travaux, la nécessité est apparue de nouer des liens avec des organisations existantes comme Reporters sans frontières, Forbidden Stories, Africtivistes, Nothing2Hide, Hacks/hackers Euromed, etc.

Des médias et des organisations comme Inkyfada, TAIJ, RFI, l’AFP, l’agence Tunis Afrique Presse TAP , Disclose, GIJN, Forbidden Stories ont déjà exprimé leur intérêt pour cette initiative et un appel est lancé aux médias africains et européens qui souhaitent contribuer au réseau.

Dans les prochaines semaines, le comité de préfiguration va travailler sur les documents de référence qui vont fonder l’activité du réseau de manière à ce que tout journaliste ou média puisse formellement le rejoindre.

Sans attendre la constitution formelle du réseau, les participants sont prêts à engager des collaborations ensemble dès que l’opportunité se présentera.

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